
Le M&A demeure un thème porteur pour les activistes

Si les campagnes activistes ont globalement ralenti l’an dernier par rapport à l’activité record enregistrée en 2018, la tendance reste nettement haussière pour les investisseurs ayant ciblé des opérations de fusions et acquisitions (M&A), montre l’étude annuelle publiée par Lazard. «Avec un total de 99 campagnes menées sur ce thème en 2019, ce nombre dépasse le précédent pic de 82 atteint en 2018», relève la banque. Il représente 47% de l’ensemble des actions menées pour inciter les entreprises à modifier leur stratégie ou leur gouvernance, contre 33% l’an dernier et 35% en moyenne sur la période 2015-2018.
Les dépenses consacrées aux campagnes dans le M&A ont atteint 24,1 milliards de dollars (21,6 milliards d’euros), soit 57% du montant déployé en 2019 pour l’ensemble des initiatives émanant des fonds activistes. Le secteur technologique a absorbé à lui seul 29% du montant investi dans des campagnes conduites sur ce thème, devant l’industrie (17%), l’énergie et les télécoms (16% chacun), puis la grande consommation (10%).
Les raisons qui expliquent le recours à l’activisme lors d’opérations de consolidation se répartissent de manière équilibrée entre la volonté d’inciter une entreprise à se vendre, à réaliser des cessions d’actifs et enfin à améliorer - ou à défaut - à abandonner une transaction déjà engagée. Dans la première catégorie figure notamment Carl Icahn qui a soutenu l’offre d’achat de Xerox sur HP ou celle d’Eldorado Resorts sur Caesars. Dans la seconde, le fonds américain Elliott a fait pression sur les dirigeants de Marathon, d’AT&T ou d’Allergan pour favoriser une restructuration ou un démantèlement. CIAMa de son côté contribué à l’échec du rapprochement entre Fiat Chrysler et Renault en estimant que cette transaction désavantagerait le groupe français.
Tous thèmes confondus, 187 entreprises ont été visées à l’échelle mondiale par des fonds activistes en 2019, soit un recul de 17% d’un an sur l’autre. Les entreprises américaines ont représenté 60% de ce total contre une proportion de 70% en 2015. Les grandes entreprises font surtout l’objet de campagnes destinées à accélérer la mise en œuvre d’une stratégie existante, alors que l’objectif des activistes est plutôt de réorienter celle des sociétés de taille plus modeste. Elliott est resté l’an dernier le premier investisseur activiste avec 14 nouvelles campagnes lancées pour un coût de 8,4 milliards de dollars.
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