
L’Europe échoue à s’accorder sur le plafonnement du prix du gaz

Les désaccords étaient trop profonds. Les pays de l’Union européenne se sont de nouveau opposés jeudi sur le projet de plafonnement du prix du gaz à 275 euros le mégawattheure (MWh). Les ministres de l’Energie de l’UE étaient réunis à Bruxelles en conseil extraordinaire pour examiner les propositions de la Commission européenne concernant un mécanisme de correction temporaire des prix du gaz visant à empêcher une flambée des prix comparable à celle observée l'été dernier. Ils ont échoué à s’entendre sur ce sujet qui demeure très délicat pour de nombreux pays membres.
Le désaccord des Vingt-sept n’est pas sans conséquence, car il bloque l’adoption d’autres propositions, comme l’achat commun de gaz et l’accélération des procédures d’autorisation pour les projets d'énergie renouvelable. Selon des diplomates cités par Reuters, les ministre des pays de l’Union se sont accordés sur le principe de ces deux dernières mesures, mais ont reporté leur approbation formelle à une autre réunion, prévue le 13 décembre, les pays partisans d’un plafonnement exigeant un feu vert pour les trois propositions ou rien.
Pluie de critiques
Quinze pays membres de l’UE souhaitent plafonner les prix du gaz afin de contenir les coûts de l'énergie à la suite de la réduction par la Russie de ses livraisons à l’Europe en réponse aux sanctions liées à son invasion de l’Ukraine. Mais l’Allemagne, première économie de l’UE, les Pays-Bas, la Suède, l’Autriche et la Finlande font valoir qu’un plafond pourrait déplacer l’offre ailleurs et réduire les incitations à réduire la consommation de gaz. « La proposition est bancale. (...) Il y a beaucoup de risques de nuire à la sécurité de l’approvisionnement énergétique, et aussi à la stabilité des marchés financiers », a dit le ministre néerlandais Rob Jetten.
De son côté, la ministre polonaise du Climat, Anna Moskwa, a déclaré jeudi que le plan de la Commission européenne était « une blague ». « Le texte qui est sur la table est insatisfaisant (...) il ne dit pas clairement s’il aura un effet sur les prix », a déclaré pour sa part la ministre belge de l’Energie, Tinne Van der Straeten. Leur homologue grec a dit qu’un plafond de 150-200 euros/MWh serait « réaliste ». « Cela pourrait nous aider à réduire les prix du gaz et donc à réduire les prix de l'électricité, qui est un défi majeur en Europe cet hiver », a déclaré Konstantinos Skrekas. Pour la ministre maltaise de l’Energie, Miriam Dalli, les conditions strictes nécessaires à la mise en oeuvre d’un tel mécanisme le rendent « pratiquement impossible ».
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