Le numéro deux de la BCE craint une nouvelle correction des marchés

Les ventes forcées de certains fonds d’investissement pourraient se déclencher et accentuer les mouvements de baisse.
Valérie Venck, Agefi-Dow Jones
«Le large soutien politique pourrait progressivement passer d’une large base à un plus grand ciblage», a rappelé le vice-président de la BCE, Luis de Guindos
Luis de Guindos, vice-président de la Banque centrale européenne  -  Aron Urb [CC BY 2.0]

Le vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), Luis de Guindos, a mis les marchés financiers de la zone euro en garde jeudi contre un risque de correction liée à des perspectives économiques de plus en plus sombres et au durcissement des conditions financières.

Si les marchés, notamment d’actions et d’obligations, ont déjà subi une correction au premier semestre, « certains segments intègrent toujours un recul rapide de l’inflation et un léger ralentissement de la croissance, une évaluation qui pourrait s’avérer trop optimiste », a indiqué le banquier central, selon le texte d’un discours prononcé lors d’une conférence à Lisbonne.

« Le risque que des ventes forcées de fonds d’investissement amplifient une correction du marché reste élevé, dans un contexte de faibles réserves de liquidités », a-t-il également averti.

En outre, « les investisseurs ne s’attendent pas à ce que le ralentissement de la croissance affecte de manière significative la solvabilité ou la rentabilité des entreprises » et anticipent toujours pour les 12 prochains mois une croissance des bénéfices ainsi qu’une hausse très modérée des taux de défaillance des entreprises notées en catégorie spéculative, a remarqué Luis de Guindos.

Compression des marges

Cependant, les hausses de coûts auxquelles sont confrontées les entreprises comprimeront leurs marges, ce qui « pourrait limiter leur capacité à assurer le service de leur dette, en particulier dans le cas d’entreprises très endettées qui souffrent encore des répercussions de la pandémie », a-t-il mis en garde.

Par ailleurs, les risques augmentent également sur les marchés de l’immobilier résidentiel, en raison de prix en hausse et d’une croissance vigoureuse des prêts hypothécaires, a ajouté le responsable, peignant un tableau globalement morose de l'économie de la zone euro dans un contexte de flambée des prix de l'énergie et de remontée des taux d’intérêt.

En dépit de la dégradation des perspectives économiques, la politique monétaire de la BCE doit se concentrer sur la stabilité des prix et l’atteinte de l’objectif d’inflation de 2% à moyen terme, a expliqué Luis de Guindos. « Une action déterminée est essentielle pour maintenir l’ancrage des anticipations d’inflation », a-t-il ajoutant, en concluant que « le principal atout des banques centrales est leur crédibilité et cet atout est encore plus important en période de forte incertitude ».

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