
Oberthur et Gemalto font flamber les prix de Morpho

Safran est déjà assuré d’avoir réalisé une excellente affaire financière. Organisée par Lazard et la Société Générale, la vente de Safran Identity & Security (ex-Morpho) a suscité une concurrence extrême. Conséquence: le prix du numéro un mondial des solutions de sécurité biométrique a flambé.
Selon plusieurs sources, le fonds d’investissement américain Advent, qui détient déjà Oberthur avec lequel il prévoit de fusionner la filiale de Safran, aurait proposé le meilleur prix, à hauteur de 2,4 milliards d’euros. Gemalto, numéro un mondial des cartes à puce, serait juste derrière. Impala, la holding d’investissement diversifiée de Jacques Veyrat, soutenue par KKR, est distancée, mais reste en course.
En revanche, les duos regroupant Ardian et Bain Capital ainsi que CVC et Astorg ont jeté l'éponge et sont désormais hors jeu. «Trop cher», souffle une source financière, déçue de voir passer un actif rare. Le prix de 2,4 milliards d’euros représente 20 fois le bénéfice d’exploitation (Ebit) de Morpho.
Safran et l’Etat trancheront dans la semaine
Le niveau de prix ayant permis un premier écrémage parmi les cinq candidats retenus à l’issue du premier tour en début d'été, la différence devrait désormais se jouer sur le volet des garanties apportées à Safran et à l’Etat, premier actionnaire du groupe d’aéronautique. «Dès le départ, l’Etat demandait une solution industrielle française. Depuis l’affaire Alstom, le gouvernement a un peu plus pris la main sur le dossier Morpho pour s’assurer d’une part que la société gardera son ancrage en France et d’autre part que son intégration chez l’un de ses deux concurrents, Oberthur et Gemalto, n’entraînera pas de casse sociale», explique une source.
Dans une lettre adressée le 7 septembre à François Hollande, Advent s’est engagé «à garantir un niveau global d’emplois permanents en France pendant une période d’au moins deux ans», une fois Oberthur et Morpho rapprochés. Le siège et les centre de R&D resteraient en France et le nouvel ensemble serait introduit à terme à la Bourse de Paris.
De son côté, Gemalto, déjà coté à Paris et détenu partiellement par Bpifrance, assure que l’intégration de Morpho n’entraînera aucun licenciement. Safran et l’Etat trancheront dans la semaine.
Plus d'articles du même thème
-
New Alpha reste finalement dans le giron de La Française
Alors que la banque Caurus Partners avait été mandatée pour étudier la cession de New Alpha Asset Management, la société, qui totalise 3,8 milliards d’euros d’encours, reste finalement dans le giron de La Française. -
Safran avance dans son marathon réglementaire lié à la reprise de Collins
Le gendarme britannique de la concurrence estime que les concessions fournies par le groupe français pourraient suffire à apaiser ses craintes. -
Andbank entre au capital d’une boutique espagnole de private equity
L'opération vient d'être autorisée par les régulateurs.
ETF à la Une
- La Banque Postale débarque le patron de sa banque privée
- A la Société Générale, Slawomir Krupa se prépare à la taylorisation des banques
- La Société Générale prend le risque d'une grève en France fin mars
- Une nouvelle restructuration à la Société Générale ne plairait pas aux investisseurs
- Le CCF a perdu une centaine de millions d’euros l’an dernier
Contenu de nos partenaires
-
Pénuries
En combat air-air, l'aviation de chasse française tiendrait trois jours
Un rapport, rédigé par des aviateurs, pointe les « vulnérabilités significatives » de la France en matière de « supériorité aérienne », décrivant les impasses technologiques, le manque de munitions et les incertitudes sur les programmes d'avenir -
Escalade
L'armée algérienne passe à la dissuasion militaire contre la junte malienne
La relation entre Alger et Bamako ne cesse de se détériorer ces derniers mois alors qu'ex-rebelles et armée malienne s'affrontent à la frontière algérienne -
En panne
Pourquoi les Français n’ont plus envie d’investir dans l’immobilier
L’immobilier était le placement roi, celui que l’on faisait pour préparer sa retraite, celui qui permettait aux classes moyennes de se constituer un patrimoine. Il est tombé de son piédestal. La faute à la conjoncture, à la hausse des taux, à la chute des transactions et à la baisse des prix, mais aussi par choix politique : le placement immobilier a été cloué au pilori par Emmanuel Macron via une fiscalité pesante et une avalanche de normes et d’interdictions