
Les petites capitalisations européennes risquent l’asphyxie

Notre écosystème de petites capitalisations « s’asphyxie », s’inquiètent MiddleNext et la Financière de l’Echiquier (LFDE) dans leur troisième édition du panorama annuel des petites et moyennes valeurs, publié le 10 juillet. Cela fait une dizaine d’année déjà que les grandes capitalisations sont favorisées au détriment des petites.
Aujourd’hui en Europe, 90% des capitalisations sont des Smalls et Mediums (Smid) et la grosse majorité d’entre elles sont cotées. Ces dernières présentent des résultats excellents avec une surperformance économique et boursière de 51% (contre 28% pour le segment Large) et de faibles mesures de volatilité. Pourtant, les chiffres montrent qu’entre 2007 et 2016, 851 sociétés ont quitté la cote ; le nombre de Small a baissé (-20% ces dix dernières années) et le nombre de sociétés européennes cotées accuse une baisse de 13%. C’est « un constat inquiétant » souligne Middlenext et LFDE. L’étude insiste sur l’appauvrissement de l’écosystème et son vieillissement qui empêchent le renouvellement faute de nouvelles petites capitalisations.
Ces chiffres sont significatifs pour la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne qui regroupent à eux seuls 51 % des sociétés européennes cotées toutes catégories confondues. En France, les segments Micro, Nano et Small de la cote représentent la très grande majorité des sociétés cotées (80%) mais ne pèsent que 6,8% de la capitalisation totale et moins de 5% des volumes de transaction. L’écosystème, pour son intérêt financier, se concentre davantage sur le développement des Large ou le segment supérieur, les Blue chip.
En Janvier 2018, la directive européenne MIFID 2 entrera en vigueur, une réglementation destinée à améliorer la transparence des marchés financiers. Celle-ci imposera la séparation des activités d’exécution des activités de recherche. On peut s’attendre à avoir : une concentration des flux vers un nombre restreint d’acteurs globaux avec les grandes banques américaines (clairement favorisées), une réduction de l’offre de recherche globale et la mise en danger des modèles économiques des sociétés de Bourse locales avec la probable disparition de certains acteurs locaux en Europe. « On peut redouter que l’avenir s’assombrisse pour les Smalls. »
A l’inverse, la Suède, elle, a su jouer ses cartes et affiche désormais une progression de 74% du nombre de sociétés cotées sur dix ans et une évolution positive enregistrée sur l’ensemble des segments. Le pays a développé un seul et unique intermédiaire financier s’impliquant dans plus de 70% des introductions en Bourse. Les avantages de cette situation sont nets : un marché efficace est développé grâce au système simplifié et structuré des Smalls.
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