
Ardian tourne la page de son deuxième fonds d’infrastructures

Ardian a annoncé hier la cession à APG d’un portefeuille d’actifs infrastructures de plus d’un milliard d’euros, confirmant une information révélée par L’Agefi dès février. Dans le cadre du processus de vente des actifs du fonds de deuxième génération de l’ex-Axa Private Equity, le fonds de pension néerlandais, souscripteur du véhicule, faisait face à la concurrence notamment de PPGM et d’Allianz, a appris L’Agefi. L’ancienne maison mère de la société de gestion, Axa, reste investie dans le portefeuille. «APG reprend environ 2/3 des actifs tandis que certains LP (limited partners) réinvestissent dans le portefeuille», souligne une source proche du dossier.
Dans un communiqué, Ardian indique avoir cédé ce portefeuille, dont la valeur totale, dette incluse, dépasse les 10 milliards d’euros, à un montant supérieur à sa valeur liquidative, «offrant ainsi à (ses) investisseurs des rendements attractifs». Le portefeuille compte huit actifs d’infrastructures : le distributeur de gaz italien 2i Rete Gas, la LGV française Lisea, l’autoroute espagnole M-45, le réseau français de télécoms ferroviaire Synerail, le français Kallista et l’italien 3 New & Partners dans les énergies renouvelables, ainsi que l’A88 en France et l’hôpital lombard HISI Legnano.
Cette cession fait suite «à l’engagement pris par Ardian, lors de la création du fonds, de fournir de la liquidité aux investisseurs à compter du dixième anniversaire du fonds», précise le communiqué. Les spécialistes du secteur y voient davantage la volonté liquider un fonds qui avait notamment investi dans la Saur, et dont la sortie en pure perte avait fortement affecté le taux de rendement interne. Ardian continuera à gérer ces actifs pour le compte d’APG et reste donc intéressé à la performance future du portefeuille, ce qui laisse perplexes certains investisseurs. «Alors qu’Ardian avait pour mission d’optimiser la performance dans l’intérêt du fonds et de ses souscripteurs, on se demande s’il a bien vendu ou s’il a bien acheté ce portefeuille», s’interroge l’un d’eux.
Cette cession, permettant à Ardian de vendre ces actifs en une seule transaction et de remonter de l’argent à ses investisseurs, est bienvenue alors que la vente des parkings Indigo, détenus par son troisième fonds d’infrastructures conjointement avec Predica, a été abandonnée le mois dernier. Les vendeurs en espéraient près de 4 milliards d’euros de la part du chinois Shougang.
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