
Les tensions commerciales pèsent sur les marchés

Le CAC 40 se replie vendredi matin, la perspective d’une guerre commerciale entre Washington et Pékin pesant sur le marché parisien comme sur l’ensemble des indices mondiaux. L’indice parisien recule de 1,5% à 5.089 points à la mi-séance, tandis que le SBF 120 lâche 1,5% également, à 4.084 points. Au même moment, l’indice DAX cède 1,6%, tandis que le FTSE 100, soutenu par un léger repli du sterling, n’abandonne que 0,6%. Les tensions commerciales semblent avoir ravivé une nette aversion au risque sur les marchés, et Wall Street est à nouveau attendue en baisse aujourd’hui après avoir subi hier sa plus forte baisse en pourcentage depuis le 8 février (-2,93% pour le Dow Jones, -2,52% pour le S&P500 et -2,43% pour le Nasdaq).
Le retour de la volatilité - avec un indice Vix revenu à 25 - et le regain d’aversion au risque ont favorisé un retour vers les actifs refuge, comme l’or (+1%), le yen (+0,26%) et les rendements obligataires. Le 10 ans américain se stabilise autour de 2,83%, contre un pic à 2,936% jeudi après le communiqué de politique monétaire de la Réserve fédérale. Le Bund allemand de même échéance est inchangé, autour de 0,53%, un plus bas depuis la mi-janvier.
Jeudi, le président des Etats-Unis, Donald Trump, a annoncé des mesures de rétorsion contre des importations chinoises pouvant atteindre 60 milliards de dollars, ainsi qu’une nouvelle initiative pour renforcer le contrôle des investissements chinois aux Etats-Unis et une possible réduction des visas étudiants délivrés aux citoyens chinois. Les Etats-Unis ont également porté plainte vendredi contre la Chine devant l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) pour violation de la législation sur la propriété intellectuelle. «La Chine semble enfreindre les règles de l’OMC en privant les détenteurs de brevet étrangers, dont les entreprises américaines, du droit élémentaire d’empêcher une entité chinoise d’utiliser leur technologie après l’expiration d’un contrat de licence», est-il écrit dans un communiqué de l’administration américaine. «La Chine semble également enfreindre les règles de l’OMC en imposant des clauses contractuelles (..) discriminatoires et défavorables pour les technologies étrangères importées», ajoute le texte.
L’ambassadeur de Chine à l’OMC a déclaré jeudi à Reuters que Pékin était prêt à répliquer à la plainte américaine et la contesterait devant les instances de l’OMC. En répercussion des droits de douanes supplémentaires sur l’acier et l’aluminium, le ministère chinois du Commerce a déclaré vendredi que la Chine envisageait des mesures portant sur jusqu'à 3 milliards de dollars d’importations américaines et une liste de 128 produits américains qui pourraient être visés.
Ces annonces ont fait chuter les bourses asiatiques. L’indice Shanghai Composite a cédé 3,3%, le CSI300 2,9% et le Hang Seng de Hong-Kong a reculé de 2,5%. Le Nikkei a quant à lui chuté de 4,5%. En Chine, plus de 400 titres ont atteint la limite quotidienne d’une chute de 10%. D’après Bloomberg, qui cite des personnes au fait des discussions, des fonds publics sont intervenus en fin de séance pour limiter la baisse des indices chinois.
Les tensions pèsent également sur les marchés de matières premières, avec la plupart des métaux de base en territoire négatif. L’indice Bloomberg Commodity affiche désormais un recul de 1,3% sur l’année 2018. Les contrats à terme pour des barres d’acier cotés à Shanghai enregistrent la pire performance, en recul de près de 14% depuis le début de l’année, et en chute de 4,5% hier.
Plus d'articles du même thème
-
La chute se poursuit sur des marchés paniqués par la guerre commerciale
Les Bourses européennes ont ouvert dans le rouge vif lundi après le plongeon des marchés asiatiques. Les taux continuent également à reculer. -
Les cours de Bourse des gestionnaires d'actifs ne sont pas épargnés par la bataille des tarifs douaniers
L'Agefi a calculé et compilé les variations de cours enregistrées par les gestionnaires d'actifs cotés en Bourse sur les séances du 3 et 4 avril 2025 après les annonces américaines sur les droits de douane. -
Le risque de surenchère tarifaire tétanise les marchés
La riposte de la Chine aux tarifs douaniers réciproques de Donald Trump a exacerbé le risque d'escalade et de récession, plongeant les marchés financiers encore davantage dans la tourmente. Wall Street accuse sa pire chute depuis la crise Covid. L'Europe efface ses gains de 2025. Les investisseurs fuient vers les emprunts d'Etat.
ETF à la Une
- La Banque Postale débarque le patron de sa banque privée
- A la Société Générale, Slawomir Krupa se prépare à la taylorisation des banques
- La Société Générale prend le risque d'une grève en France fin mars
- Une nouvelle restructuration à la Société Générale ne plairait pas aux investisseurs
- Le CCF a perdu une centaine de millions d’euros l’an dernier
Contenu de nos partenaires
-
Pénuries
En combat air-air, l'aviation de chasse française tiendrait trois jours
Un rapport, rédigé par des aviateurs, pointe les « vulnérabilités significatives » de la France en matière de « supériorité aérienne », décrivant les impasses technologiques, le manque de munitions et les incertitudes sur les programmes d'avenir -
Escalade
L'armée algérienne passe à la dissuasion militaire contre la junte malienne
La relation entre Alger et Bamako ne cesse de se détériorer ces derniers mois alors qu'ex-rebelles et armée malienne s'affrontent à la frontière algérienne -
En panne
Pourquoi les Français n’ont plus envie d’investir dans l’immobilier
L’immobilier était le placement roi, celui que l’on faisait pour préparer sa retraite, celui qui permettait aux classes moyennes de se constituer un patrimoine. Il est tombé de son piédestal. La faute à la conjoncture, à la hausse des taux, à la chute des transactions et à la baisse des prix, mais aussi par choix politique : le placement immobilier a été cloué au pilori par Emmanuel Macron via une fiscalité pesante et une avalanche de normes et d’interdictions