
L’action Atlantia est malmenée en Bourse

(mis à jour à 15H25) De nouveau suspendue dans la matinée, jeudi, l’action d’Atlantia, société mère de l’opérateur du viaduc de Gênes qui s’est effondré mardi, a accusé une forte baisse en Bourse, jeudi.
A l’ouverture, le titre a enregistré un recul de 23,58% à la reprise de cotation à la Bourse de Milan, après son avertissement sur la révocation de sa concession autoroutière. En fin de matinée, le titre limitait sa perte autour de 15% lorsqu’a été annoncée sa suspension.
Jeudi, Atlantia, groupe de concessions à péage, a déclaré que la façon dont le gouvernement italien avait annoncé la révocation de la concession autoroutière de sa filiale Autostrade à la suite de l’effondrement du viaduc, qui a coûté la vie à 38 personnes, était de nature à nuire à ses actionnaires. En fin de matinée, le gouvernement a semblé étudier plusieurs options, s’interrogeant notamment sur la possibilité d’infliger à Autostrade per l’Italia une amende au lieu d’une révocation de sa concession autoroutière, a révélé une source gouvernementale, citée par Reuters.
La veille, le président du Conseil italien Giuseppe Conte avait annoncé, à l’issue d’une réunion du conseil des ministres que le gouvernement n’attendrait pas les conclusions de l’enquête judiciaire sur l’effondrement de ce viaduc autoroutier avant de retirer Autostrade de son permis. Le ministre italien des Transports Danilo Toninelli avait auparavant annoncé l’ouverture une procédure de retrait de la concession autoroutière accordée à Autostrade per l’Italia.
Atlantia, qui affirme avoir rempli correctement toutes ses obligations d’entretien de l’autoroute, a déclaré que l’annonce du gouvernement était intervenue avant qu’elle reçoive une plainte officielle et avant que les causes de la catastrophe ne soient établies. Si la concession est révoquée ou résiliée avant terme, Autostrade a droit à une indemnisation, a déclaré sa maison mère. Or, «les modalités d’un telle annonce peuvent avoir un impact sur les actionnaires et les détenteurs d’obligations d’Atlantia», indique Atlantia.
Selon les analystes de BofA Merrill Lynch (BAML), la concession principale d’Atlantia, Autostrade per l’Italia (ASPI), représente 67% de l’EBITDA de la société (avant la consolidation d’Abertis). L’intermédiaire a abaissé sa recommandation sur le titre à «neutre», évoquant la pression accrue exercée par le gouvernement italien. Rome réclame de lourdes sanctions contre le groupe et selon Danilo Toninelli celles-ci pourraient atteindre les 150 millions d’euros. Le ministre a également estimé, sur sa page Facebook, que les dirigeants d’Autostrade per l’Italia devaient démissionner.
En France, un consortium emmené par Atlantia a remporté l’appel d’offres pour la privatisation de l’aéroport de Nice-Côte d’Azur.
Plus d'articles du même thème
-
La chute se poursuit sur des marchés paniqués par la guerre commerciale
Les Bourses européennes ont ouvert dans le rouge vif lundi après le plongeon des marchés asiatiques. Les taux continuent également à reculer. -
Les cours de Bourse des gestionnaires d'actifs ne sont pas épargnés par la bataille des tarifs douaniers
L'Agefi a calculé et compilé les variations de cours enregistrées par les gestionnaires d'actifs cotés en Bourse sur les séances du 3 et 4 avril 2025 après les annonces américaines sur les droits de douane. -
Le risque de surenchère tarifaire tétanise les marchés
La riposte de la Chine aux tarifs douaniers réciproques de Donald Trump a exacerbé le risque d'escalade et de récession, plongeant les marchés financiers encore davantage dans la tourmente. Wall Street accuse sa pire chute depuis la crise Covid. L'Europe efface ses gains de 2025. Les investisseurs fuient vers les emprunts d'Etat.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
- La Banque Postale débarque le patron de sa banque privée
- A la Société Générale, Slawomir Krupa se prépare à la taylorisation des banques
- La Société Générale prend le risque d'une grève en France fin mars
- Une nouvelle restructuration à la Société Générale ne plairait pas aux investisseurs
- Le CCF a perdu une centaine de millions d’euros l’an dernier
Contenu de nos partenaires
-
Pénuries
En combat air-air, l'aviation de chasse française tiendrait trois jours
Un rapport, rédigé par des aviateurs, pointe les « vulnérabilités significatives » de la France en matière de « supériorité aérienne », décrivant les impasses technologiques, le manque de munitions et les incertitudes sur les programmes d'avenir -
Escalade
L'armée algérienne passe à la dissuasion militaire contre la junte malienne
La relation entre Alger et Bamako ne cesse de se détériorer ces derniers mois alors qu'ex-rebelles et armée malienne s'affrontent à la frontière algérienne -
En panne
Pourquoi les Français n’ont plus envie d’investir dans l’immobilier
L’immobilier était le placement roi, celui que l’on faisait pour préparer sa retraite, celui qui permettait aux classes moyennes de se constituer un patrimoine. Il est tombé de son piédestal. La faute à la conjoncture, à la hausse des taux, à la chute des transactions et à la baisse des prix, mais aussi par choix politique : le placement immobilier a été cloué au pilori par Emmanuel Macron via une fiscalité pesante et une avalanche de normes et d’interdictions