La croissance française déçoit au deuxième trimestre

Le taux de croissance économique a ralenti à 0,2% au deuxième trimestre en France, notamment en raison d’un manque de vigueur de la consommation des ménages.
Laurent Chemineau
En France, le comportement de consommation des ménages français reste l’inconnue.
En France, le comportement de consommation des ménages français reste l’inconnue.  -  crédit UE CE.

Le taux de croissance économique a ralenti à 0,2% au deuxième trimestre en France, en dessous des attentes, notamment en raison d’un manque de vigueur de la consommation des ménages, moteur essentiel de l’activité hexagonale.

Entre janvier et mars, le taux de croissance avait atteint 0,3%.

Au deuxième trimestre, la consommation n’a progressé que de 0,2% contre 0,4% au premier. Une vraie déception pour le pouvoir qui a joué la carte de l’augmentation du pouvoir d’achat (estimée à +2,5% cette année) en réponse à la crise des gilets jaunes, via plusieurs mesures de soutien (défiscalisation des primes, versement anticipé des réductions d’impôt, amélioration de certains minima sociaux etc …).

Pratiquement tous les secteurs ont été affectés par la moindre consommation (sauf l’énergie) précise l’Insee, à commencer par le secteur des biens où les dépenses se sont contractées (-0,3% après + 0,1 % au premier trimestre), particulièrement en raison de la faiblesse des achats d’automobiles compte tenu de l’atténuation de l’effet des mesures incitatives.

Dans les services, surtout l’hébergement et la restauration, la consommation n’augmente que de 0,3 %, moitié mois qu’au cours des trois premiers mois. Les dépenses alimentaires sont un peu redressées mais sont restées orientées à la baisse (- 0,2 % après -1,1 %).

Les ménages français continuent d’épargner, estime Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne. « Pour expliquer l’atonie des dépenses, il faut prendre en compte le fait que les ménages sont toujours dubitatifs en cas d’augmentation soudaine de leur pouvoir d’achat considérant que cette situation ne soit pas amenée à perdurer », explique-t-il.

Côté entreprises en revanche, l’investissement se reprend avec une hausse de 0,9 % après 0,5 % au trimestre précédent. Ce sursaut a été essentiellement soutenu par les entreprises dont les dépenses d'équipement (matériel informatique et de télécommunication) ont progressé de 1,2 % après 0,7 % au cours des trois mois précédents dans le contexte du mouvement social des gilets jaunes.

L’investissement des ménages, lui, est resté stable (+0,1%). Quant à l’investissement public, il a un peu augmenté (+0,8% contre +0 ,6%), ce qui risque à terme de mettre les finances publiques un peu plus sous pression.

Toutefois la reprise des investissements des entreprises n’a pas empêché une stagnation de la production totale (+0,4%) et une contraction de la production manufacturière (-0,4 %).

Après avoir alimenté la croissance à hauteur de 0,3 points en début d’année (dans la perspective du Brexit), les stocks se sont normalisés et ont confirqué un dixième de croissance au deuxième trimestre, soit encore 0,5 points sur un an, écrit pour sa part l’économiste Véronique Riches-Flores, « preuve s’il en est, de la défiance des entreprises ».

Elle souligne aussi que « la contribution du commerce extérieur à la croissance s’améliore, certes, après un premier trimestre négatif à hauteur de 0,3 point, mais ne fait pas mieux que zéro ».

Reste à savoir si le deuxième trimestre marque annonce un ralentissement économique durable sur fond de tensions commerciales et géopolitiques.

Sur l’ensemble de 2019, l’Insee prévoit une croissance de 1,3 % en dessous de l’objectif du gouvernement (1,4%). Compte tenu des données publiées ce mardi, l’acquis de croissance, c’est-à-dire le niveau qu’atteindrait le PIB si l’activité restait étale au second semestre, s’élève à 1 %.

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