
De nouvelles turbulences sur les marchés sont probables, selon la BRI

Dans son dernier rapport trimestriel, la Banque des règlements internationaux (BRI) analyse «l’accident» de marché du 5 février, qui a signé le retour de la volatilité. Un retour dont se félicite Claude Borio, chef du département économique et monétaire de la BRI, affirmant qu’une «certaine volatilité est salutaire». Car «peu de choses sont plus insidieuses, sur les marchés, que l’illusion d’un calme permanent». Quels enseignements tirer de ce changement de régime sur les marchés ? A l’évidence, ils n’ont pas bouleversé la donne s’agissant des fondamentaux économiques et financiers. «Les marchés de la dette d’entreprise n’ont guère changé de cap», constate Claude Borio. «Les écarts de rendement, en baisse, ont continué de s’approcher de points bas en plusieurs décennies». Au total, «les conditions financières demeurent inhabituellement accommodantes». La faiblesse persistante du dollar, en dépit d’une politique graduelle de hausse des taux de la Fed et d’une relance budgétaire, ce qui a de quoi surprendre, témoigne de ces conditions financières.
Si celles-ci demeurent accommodantes, il ne faut pas s’attendre pour autant à un retour au calme qui prévalait jusqu’au début du mois de février. Les «turbulences qu’ont connues les marchés pourraient ne pas être les dernières», estime Claude Borio. En effet, la sortie des politiques monétaires accommodantes «encourage les prises de position et de risque des intervenants». D’où une tâche difficile pour les banques centrales, qui doivent retrouver des marges de manœuvre dans la perspective d’un prochain retournement conjoncturel, sans casser la dynamique de croissance par une hausse trop rapide des taux.
A cela, s’ajoute la croissance des risques bancaires dans certains pays. La BRI souligne le lien entre l’endettement des ménages et les crises bancaires. La hausse trop vive de l’endettement (rapporté au PIB) et du service de la dette, quand tous deux dépassent nettement la moyenne de long terme, constitue un indicateur avancé de telles crises, relève une étude insérée dans le rapport trimestriel. De ce point de vue, des pays comme la Chine, Hong Kong, le Canada ou même la Suisse apparaissent en risque, ainsi que, dans une moindre mesure, la Turquie et la Russie, où seul le service de la dette atteint la cote d’alerte. Ce qui est loin d’être le cas des pays européens, et même des Etats-Unis, où les crédits aux ménages restent inférieurs à la moyenne historique.
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