
Les prix sont au plus haut depuis 2006 sur le mid-market non coté européen

Le coup d’arrêt enregistré dès le second semestre 2015 par les Bourses occidentales n’a pas entamé la marche en avant des valorisations dans le non-coté. Selon l’indice Argos Mid-Market, les multiples d’acquisition au sein de la zone euro ont ainsi grimpé à 9,1 fois l’Ebitda au quatrième trimestre, après avoir progressé de 8,3 à 8,5 fois l’Ebitda au troisième trimestre. Ce bond en avant ramène ainsi les valorisations au niveau record constaté à la fin 2006, avant le début des turbulences financières. «L’indice est porté aussi bien par les acquéreurs industriels, dont les prix offerts remontent à 9,2 fois l’Ebitda, que par les fonds de capital-transmission qui continuent de proposer des valorisations à un niveau exceptionnel de 9 fois», constate Argos Soditic.
Activités de M&A en hausse
Le mouvement est particulièrement marqué sur le segment upper mid-market (valeur des fonds propres comprise entre 150 et 500 millions d’euros), où les multiples ont grimpé en fin d’année de 14%, à 10,6 fois l’Ebitda.
Outre des conditions de financement très favorables, les valorisations ont réagi à une activité de M&A en hausse de 45% en valeur et de 7% en volume l’an dernier. «Malgré ce redémarrage, l’activité en Europe demeure en dessous de la forte reprise du M&A mondial», nuance Raphaël Bazin, directeur de participations chez Argos Soditic. A ce facteur s’ajoute la présence accrue des industriels asiatiques, qui ont concentré un record de 28% des opérations tracées par l’indice Argos Soditic.
La trésorerie abondante des grandes entreprises et les stocks croissants de capitaux non investis des fonds de private equity, la poudre sèche – ou «dry powder» – poussent en effet les prix à la hausse. Selon le fournisseur de données Preqin, la «dry powder» a ainsi progressé de 9% en décembre 2014 et juin 2015, à 755 milliards de dollars (680 milliards d’euros).
Sur le front du financement, le constat est similaire. «De plus en plus de fonds de dette britannique se présentent sur le marché français pour proposer des taux d’intérêt beaucoup plus faibles, illustre Raphaël Bazin. Les fonds sont à la recherche de dossiers et on observe de nouveau des structures de financement similaires à celles de 2006, avec des covenants relativement light», ajoute-t-il.
Plus d'articles du même thème
-
Altaroc dévoile les contours de son millésime Odyssey 2025
La plateforme donnant accès au private equity pour les particuliers investira, pour cette cinquième génération, dans sept à huit fonds américains et européens et dans quelques co-investissements. -
Otium Partners soutient la création d'un nouveau champion français de l'expertise comptable
Grâce à une levée de 50 millions d’euros auprès d’Otium Partners, les fondateurs d'Archipel veulent bâtir un leader national capable de relever les défis générationnels, technologiques et économiques d'un secteur encore fragmenté. -
Le Groupe Magellim accentue sa diversification
Il revoit sa structuration pour s’affranchir de son image d’acteur immobilier. Le groupe veut se renforcer sur les valeurs mobilières et notamment le private equity. Une acquisition devrait être annoncée dans les prochains mois.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Contenu de nos partenaires
-
Pénuries
En combat air-air, l'aviation de chasse française tiendrait trois jours
Un rapport, rédigé par des aviateurs, pointe les « vulnérabilités significatives » de la France en matière de « supériorité aérienne », décrivant les impasses technologiques, le manque de munitions et les incertitudes sur les programmes d'avenir -
Escalade
L'armée algérienne passe à la dissuasion militaire contre la junte malienne
La relation entre Alger et Bamako ne cesse de se détériorer ces derniers mois alors qu'ex-rebelles et armée malienne s'affrontent à la frontière algérienne -
En panne
Pourquoi les Français n’ont plus envie d’investir dans l’immobilier
L’immobilier était le placement roi, celui que l’on faisait pour préparer sa retraite, celui qui permettait aux classes moyennes de se constituer un patrimoine. Il est tombé de son piédestal. La faute à la conjoncture, à la hausse des taux, à la chute des transactions et à la baisse des prix, mais aussi par choix politique : le placement immobilier a été cloué au pilori par Emmanuel Macron via une fiscalité pesante et une avalanche de normes et d’interdictions