
Les fonds de private equity baissent leurs exigences de rendement

Alors que les fonds de LBO (leverage buy-out) croulent sous les capitaux à investir, de nouveaux entrants leur font de l’ombre dans la quête de dossiers. «On constate une convergence croissante entre le monde du private equity qui recherche traditionnellement des TRI (taux de rendement interne, ndlr) de 20% ou plus, et le monde des infrastructures en quête de TRI de 10% ou moins, estime Céline Méchain, managing director chez Goldman Sachs, en charge des fonds de LBO en France, Belgique, Luxembourg et Espagne. Les premiers peuvent abaisser leurs exigences de retour à 16-17% et les seconds misent désormais sur des actifs plus risqués comme les parkings ou les services funéraires, faute de trouver suffisamment d’actifs avec des caractéristiques réelles d’infrastructures (cash flows stables ou garantis, longue durée, tarifs ou industries réglementés) ».
En mai dernier, 3i Infrastructures et l’activité infra de Deutsche Bank AM ont ainsi remporté les enchères sur TCR, un groupe belge de location d’équipements aéroportuaires valorisé environ 650 millions d’euros.
«Parmi les acteurs qui visent un TRI intermédiaire entre private equity et infrastructures, on trouve aussi davantage de fonds souverains, des family offices, des assureurs ou encore les fonds de pension canadiens», ajoute Céline Méchain. Le fonds de pension des professeurs de l’Ontario a ainsi accompagné le russe Pamplona dans la reprise l’an dernier des pompes funèbres OGF. Un autre régime de retraite canadien, PSP, a pris récemment un ticket minoritaire dans Allflex, le spécialiste français de l’identification des animaux contrôlé par BC Partners. Enfin, les grands noms américains du private equity, tels que Blackstone et Carlyle, ont levé des véhicules d’une durée de 15 à 20 ans (contre 10 traditionnellement), avec une exigence de TRI a priori inférieure à 15%.
Ces nouvelles poches s’ajoutent au montant colossal de «poudre sèche» des fonds. Au 1er septembre, leurs capitaux disponibles pour des acquisitions ont atteint un nouveau record de 302 milliards de dollars (275 milliards d’euros), selon le cabinet Preqin. C’est 110 milliards de plus que lors du point bas de 2012. Blackstone est assis sur 25 milliards de dollars, KKR et le français Ardian sur 20 milliards chacun. Ce contexte et le faible coût du crédit poussent les valorisations à la hausse. A 9,7 fois l’Ebitda en moyenne au premier semestre, elles renouent avec le pic de 2007-2008, pointe Goldman Sachs.
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