
Le régime fiscal français sur le corporate venture est entré en vigueur

L’investissement des entreprises dans des PME innovantes (corporate venture) dispose enfin de son régime fiscal préférentiel. Instauré par la loi de finances 2013 et amendé à deux reprises, l’amortissement exceptionnel sur cinq ans des investissements réalisés est enfin entré en vigueur le 3 septembre, au lendemain de la publication au Journal officiel du décret le concernant. Les entreprises soumises à l’IS peuvent en bénéficier dans la limite de 1% de leur actif total.
«Cette étape va permettre d’apporter plus de ressources au financement de l’innovation en France et encourager l’investissement des grands groupes dans les PME innovantes», s’est félicité dans un communiqué l’Association Française des Investisseurs pour la Croissance (Afic). Le dispositif, également encadré par une limite de 20% du capital de la PME qui bénéficie de l’investissement, «accroît mécaniquement la rentabilité du capital-innovation», ajoute l’association.
Soutien de la première heure, l’Afic avait néanmoins déploré que l’investissement des entreprises bénéficiaires soit initialement limité à 20% de l’encours d’un fonds de private equity en cas d’investissement indirect. Cette disposition risquait de conduire à une multiplication des investisseurs, avec à la clef un affaiblissement de la «relation forte entre l’entreprise qui investit, l’équipe de capital-risque intermédiaire et les PME», estimait Louis Godron, alors président de l’Afic.
Dans la loi de finances rectificative pour 2015, qui modifie l’article 217 octies du Code général des impôts, cette limite a été définitivement enterrée. L’entreprise peut ainsi investir «indirectement par la souscription en numéraire de parts ou actions de FCPR, FPCI, de SLP (Société de libre partenariat, ndlr) ou SCR (Société de capital-risque, ndlr) respectant le quota d’investissement de 70% dans des PME innovantes (dont 40% minimum de l’actif en titres souscrits)», détaille l’Afic.
Régi par la réglementation européenne en matière d’aides d’Etat, le dispositif avait reçu le feu vert définitif de la Commission européenne le 5 novembre dernier. Bruxelles avait conclu que le régime «contribue à la réalisation d’un objectif d’intérêt commun bien défini» et remédie «à une défaillance de marché identifiée». Le mécanisme vise en particulier les investissements dans les fintechs, qui demeurent en net retrait en France et en Europe par rapport aux Etats-Unis.
Plus d'articles du même thème
-
Altaroc dévoile les contours de son millésime Odyssey 2025
La plateforme donnant accès au private equity pour les particuliers investira, pour cette cinquième génération, dans sept à huit fonds américains et européens et dans quelques co-investissements. -
Otium Partners soutient la création d'un nouveau champion français de l'expertise comptable
Grâce à une levée de 50 millions d’euros auprès d’Otium Partners, les fondateurs d'Archipel veulent bâtir un leader national capable de relever les défis générationnels, technologiques et économiques d'un secteur encore fragmenté. -
Le Groupe Magellim accentue sa diversification
Il revoit sa structuration pour s’affranchir de son image d’acteur immobilier. Le groupe veut se renforcer sur les valeurs mobilières et notamment le private equity. Une acquisition devrait être annoncée dans les prochains mois.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Contenu de nos partenaires
-
Pénuries
En combat air-air, l'aviation de chasse française tiendrait trois jours
Un rapport, rédigé par des aviateurs, pointe les « vulnérabilités significatives » de la France en matière de « supériorité aérienne », décrivant les impasses technologiques, le manque de munitions et les incertitudes sur les programmes d'avenir -
Escalade
L'armée algérienne passe à la dissuasion militaire contre la junte malienne
La relation entre Alger et Bamako ne cesse de se détériorer ces derniers mois alors qu'ex-rebelles et armée malienne s'affrontent à la frontière algérienne -
En panne
Pourquoi les Français n’ont plus envie d’investir dans l’immobilier
L’immobilier était le placement roi, celui que l’on faisait pour préparer sa retraite, celui qui permettait aux classes moyennes de se constituer un patrimoine. Il est tombé de son piédestal. La faute à la conjoncture, à la hausse des taux, à la chute des transactions et à la baisse des prix, mais aussi par choix politique : le placement immobilier a été cloué au pilori par Emmanuel Macron via une fiscalité pesante et une avalanche de normes et d’interdictions