
Le marché secondaire du private equity s’achemine vers une année exceptionnelle

Le marché secondaire du private equity bénéficie d’un alignement des planètes très favorable. En forte croissance depuis plus de dix ans, ce segment pourrait selon Preqin surpasser cette année le record de levées de fonds de 29,1 milliards de dollars (24,5 milliards d’euros) inscrit en 2014. Côté offre, la société d’analyse notait à fin juin que 754 intervenants envisageaient de céder des parts de fonds dans les 12 à 24 prochains mois, alors que les transactions se sont stabilisées ces trois dernières années autour de 35-40 milliards de dollars, estimait dans son rapport annuel 2016 la banque d’affaires américaine Greenhill.
«En contrepartie d’un décaissement important de trésorerie à date d’acquisition des parts de fonds, un investisseur pourra se soustraire aux frais et dépenses attachés aux premières années de la vie du fonds», explique l’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic) dans une étude consacrée au sujet et présentée ce mardi. Qui plus est du fait de la décote appliquée à la valeur des actifs acquis, l’investisseur en secondaire s’expose quasi instantanément à une plus-value comptable sur le portefeuille non réalisé à date de réévaluation des actifs.»
Né au début des années 80, le marché secondaire était initialement animé par quelques acteurs spécialisés et des limited partners (LP) en quête de liquidité. Combinée au renforcement des normes prudentielles, qui a conduit banques et assureurs à réorienter leur portefeuille, la forte croissance du marché primaire à partir de 2004 a permis à ce marché embryonnaire de gonfler de 20% par an. Dopées par la levée record d’Ardian, les levées de fonds ont atteint 23,2 milliards de dollars à fin juin. L’an dernier, elles représentaient cependant moins de 4% des levées primaires, contre 1% en 2000.
Cet engouement se reflète dans les prix. «Le recours de plus en plus fréquent au levier financier pour la réalisation d’opérations de tailles de plus en plus petites, ainsi que le recours à des experts pour la valorisation des parts de fonds ont pour effet direct de soutenir les volumes et par voie de conséquence la bonne tenue des prix moyens», relève l’Afic. Malgré son institutionnalisation, cet ancien «marché à la casse» conserve des atouts en termes de rentabilité. Seulement 2% des fonds suivis par Preqin affichent des taux de rendement nets négatifs, pour un multiple moyen de 1,47 supérieur à celui des fonds primaires.
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