
Le gouvernement norvégien abaisse le rendement attendu de son fonds souverain

Les partisans d’une prise de risque plus élevée à la recherche de rendements ont eu le dernier mot au sein du gouvernement norvégien. La Première ministre, Erna Solberg, a annoncé hier qu’elle allait proposer au parlement d’augmenter les investissements en actions du fonds souverain norvégien, et de réduire son objectif de rendement réel, et donc la part du fonds que le gouvernement est autorisé à dépenser chaque année.
Le rendement réel attendu du premier fonds souverain au monde devrait être abaissé de 4% à 3%, tandis que l’allocation en actions sera remontée de 60 à 70%, réduisant la part consacrée aux obligations de 35 à 25%. Avec 850 milliards d’euros d’actifs, cela entraînerait la vente de 85 milliards d’euros d’obligations et l’acquisition d’autant d’actions. La part du fonds dédiée aux investissements immobiliers demeure quant à elle inchangée à 5%, alors que l’opportunité d’autoriser des investissements dans les infrastructures n’a pas été saisie.
«Les propositions du gouvernement vont soutenir une gestion continue responsable des ressources considérables en pétrole et en gaz», a déclaré la Première ministre. «La Norvège a eu de la chance, mais la fortune pétrolière a également été gérée avec soin.»
Le projet du gouvernement ne va pas aussi loin que ce que demandait la Banque centrale norvégienne, qui s’est prononcée en décembre pour porter l’allocation actions à 75% du fonds, mais reprend les propositions de la commission indépendante publiées en octobre. «Le gouvernement estime qu’une allocation en actions de 70% représente un niveau de risque acceptable», a déclaré le ministre des Finances, Siv Jensen. «La révision à la baisse du rendement estimé conforte l’horizon d’investissement de long terme du fonds, un prérequis pour avoir une part d’actions si élevée.»
Le gouverneur de la Banque centrale, Oystein Olsen, estime que la réduction du rendement attendu ne va pas assez loin. Oslo va à nouveau piocher dans les réserves du fonds cette année, avec des retraits en hausse de 25%. Le gouverneur considère que la règle fiscale, qui limite aujourd’hui à 4% et demain à 3% de la valeur du fonds les retraits gouvernementaux, laisse les dépenses augmenter avec la taille du fonds, ce qui pourrait se révéler problématique en cas de choc sur les marchés. Selon lui, le gouvernement devrait chercher à limiter les dépenses tirées du fonds par rapport au PIB, plutôt que par rapport à la taille du fonds lui-même.
Plus d'articles du même thème
-
Altaroc dévoile les contours de son millésime Odyssey 2025
La plateforme donnant accès au private equity pour les particuliers investira, pour cette cinquième génération, dans sept à huit fonds américains et européens et dans quelques co-investissements. -
Otium Partners soutient la création d'un nouveau champion français de l'expertise comptable
Grâce à une levée de 50 millions d’euros auprès d’Otium Partners, les fondateurs d'Archipel veulent bâtir un leader national capable de relever les défis générationnels, technologiques et économiques d'un secteur encore fragmenté. -
Le Groupe Magellim accentue sa diversification
Il revoit sa structuration pour s’affranchir de son image d’acteur immobilier. Le groupe veut se renforcer sur les valeurs mobilières et notamment le private equity. Une acquisition devrait être annoncée dans les prochains mois.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Contenu de nos partenaires
-
Pénuries
En combat air-air, l'aviation de chasse française tiendrait trois jours
Un rapport, rédigé par des aviateurs, pointe les « vulnérabilités significatives » de la France en matière de « supériorité aérienne », décrivant les impasses technologiques, le manque de munitions et les incertitudes sur les programmes d'avenir -
Escalade
L'armée algérienne passe à la dissuasion militaire contre la junte malienne
La relation entre Alger et Bamako ne cesse de se détériorer ces derniers mois alors qu'ex-rebelles et armée malienne s'affrontent à la frontière algérienne -
En panne
Pourquoi les Français n’ont plus envie d’investir dans l’immobilier
L’immobilier était le placement roi, celui que l’on faisait pour préparer sa retraite, celui qui permettait aux classes moyennes de se constituer un patrimoine. Il est tombé de son piédestal. La faute à la conjoncture, à la hausse des taux, à la chute des transactions et à la baisse des prix, mais aussi par choix politique : le placement immobilier a été cloué au pilori par Emmanuel Macron via une fiscalité pesante et une avalanche de normes et d’interdictions