
Les taux longs américains ont totalement effacé l’effet Trump

Les taux longs américains poursuivent leur baisse. Le rendement des Treasuries à 10 ans s’est ainsi détendu de près de 30 pb depuis la fin du mois de juillet pour revenir à un niveau à peine supérieur à 2%, alors qu’il avait atteint un plus haut de 2,6% mi-décembre 2016 juste après l’élection de Donald Trump à la Maison blanche. La relative stabilité du rendement américain à 2 ans a en outre déclenché un fort mouvement d’écrasement de la courbe entre ces 2 maturités de 17 pb depuis fin juillet et de 60 pb environ depuis décembre dernier. A 77 pb, le spread a effacé tout le mouvement de repentification enregistré après l’élection de Donald Trump portant l’espoir d’un vaste plan de relance budgétaire qui aurait été favorable à la reflation, et est même revenu sur ses plus bas niveaux de l’année dernière.
En restant proche de 1,3% tout au long de l’été, le rendement américain 2 ans est identique à celui qui prévalait en décembre dernier malgré l’engagement pris par la Fed de poursuivre ses hausse de taux, mais également de lancer un vaste processus de réduction de la taille de son bilan. «A pareil moment du cycle, un aplatissement de la courbe des taux est normal, sauf qu’il devrait s’opérer par le bas par anticipation de hausses futures des taux directeurs. Or, le marché n’est pas convaincu que la Fed augmentera une nouvelle fois l’objectif pour les Fed funds avant la fin de l’année (la probabilité est de 33% selon les contrats futures), et le profil de hausse qu’il dessine pour l’année prochaine est beaucoup plus progressif que ce que suggèrent les ‘dots’ de la Fed», explique ainsi Natixis.
Les marchés n’anticipent plus qu’une seule nouvelle hausse de taux de la Fed de 25 pb d’ici fin 2018, alors qu’ils en prévoyaient au moins deux en juillet, même si la chute du dollar de 10% pour revenir à ses plus bas depuis début 2015 cumulée à celle des taux longs fournit à la Fed des conditions financières nettement plus accommodantes qu’à sa dernière hausse de taux. «La baisse du taux de change effectif du dollar depuis le début d’année se traduira tôt ou tard par un rebond plus marqué de l’inflation. Les primes inflation devraient donc renouer avec une tendance haussière, même si la hausse des salaires reste contenue, sans oublier que la Fed va, dans un avenir proche, commencer à réduire la taille de son bilan, ce qui là encore milite plutôt pour une restauration des primes de terme», estime Natixis.
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