Le projet de loi Pacte voté en première lecture à l’Assemblée

Au terme de plus de 2.000 amendements déposés, le texte porté par le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a été validé par l’Assemblée, à 361 voix pour et 84 contremardi 9 octobre. Côté entreprises, il prévoit notamment :
-Un guichet unique électroniquepour lesentreprises (art. 1). Un amendementmet en place unepériode transitoire, à compter du 1er janvier 2021 et jusqu’au 31décembre 2022, au cours de laquelle le nouveau guichet unique électronique pourra coexister avec les actuels centres de formalités des entreprises.
- Un registre général des entreprises voit également le jour (art. 2), se substituant aux actuels centres de formalités des entreprises. Un amendement prévoit que le registre général dématérialisé puisse se substituer à tout ou partie des registres d’entreprises existants, c’est-à-dire, non seulement aux registres nationaux, mais également aux registres locaux.
- Côté conjoint du chef d’entreprise,un amendementprévoit(après l’art. 5 ter)l’obligation pour le chef d’une entreprise artisanale, commerciale ou libérale de procéder à une déclaration lorsque son conjoint exerce une activité professionnelle régulière dans l’entreprise.
- Les seuils de certifications légales des comptes sont relevés (art. 9, articles additionnels après les articles 9 et 10, article 10 quater) et laDGFiP est autorisée à accéder au fichier bancaire des entreprises (article 19 septies).
Concernant l’article 20 et le volet épargne retraite,les principaux amendements adoptés sont les suivants:
- Seuls certains titres pouvant être intermédiés par les conseillers en investissement participatif (CIP) peuvent être rendus éligibles à l’épargne retraite en prenant en considération les intérêts des épargnants et les impératifs de protection de l’épargne investie en vue de la retraite. Ceux-ci seront précisés par décret.
- Le déblocage exceptionnel de l’épargne retraite est étendu à l’acquisition de la résidence principale de l’épargnant et non pas limité à l’acquisition de la 1ère résidence principale comme le prévoyait le projet de loi initial.
- La mise en œuvre d’un devoir de conseil adapté au moment du choix de la séquence de sortie et tout au long de cette dernière.
-Inscription dans la réglementation ce devoir de conseil lors de la phase de décumulation en plus de la phase d’épargne, c’est-à-dire toute la vie du produit pour les produits de retraite mis en place au sein de l’entreprise comme pour les produits d’épargne retraite individuels.
«Grâce à ce plan d’action, nous continuons la transformation de notre modèle économique et nous faisons un grand pas vers la nouvelle prospérité française», s’est félicité à l’issue du vote Bruno Le Maire. «Aujourd’hui, nos entreprises peinent à croître à la même cadence que chez nos voisins européens. La loi Pacte donne à ces entreprises des moyens de se financer, d’innover, et de créer des emplois. Mais ce n’est pas tout; l’enjeu du texte est aussi de mieux partager la valeur avec les salariés, pour qu’ils bénéficient en priorité du succès de leur entreprise», asouligné Delphine Gény-Stephan, secrétaire d’Etat auprès du ministre.
A noter que le texte doit encore être examiné en commission au Sénat, en janvier 2019.
Plus d'articles du même thème
-
Le président de BP s’apprête à tirer sa révérence sous la pression d’Elliott
Helge Lund quittera le groupe britannique, vraisemblablement en 2026, dans le cadre d’une transition ordonnée. La recherche d’un successeur est désormais lancée. -
Rebondissement pour Scor dans l’affaire Partner Re
Le réassureur Scor est mis en examen, en tant que personne morale, dans le cadre de l’enquête judiciaire pour des faits reprochés à son ancien président Denis Kessler. L’instruction concerne des faits imputés à l’association ASPM accusée de tentative de déstabilisation du groupe Covéa lors de sa procédure de rachat du réassureur Partner Re en 2022. -
Les tribulations de Carrefour crispent le marché et fragilisent son patron
A la peine en Bourse depuis plusieurs années, le distributeur peine à convaincre du bien-fondé de sa stratégie alors que le mandat de son PDG, Alexandre Bompard, arrivera à échéance en 2026.
ETF à la Une
Contenu de nos partenaires
-
Pénuries
En combat air-air, l'aviation de chasse française tiendrait trois jours
Un rapport, rédigé par des aviateurs, pointe les « vulnérabilités significatives » de la France en matière de « supériorité aérienne », décrivant les impasses technologiques, le manque de munitions et les incertitudes sur les programmes d'avenir -
Escalade
L'armée algérienne passe à la dissuasion militaire contre la junte malienne
La relation entre Alger et Bamako ne cesse de se détériorer ces derniers mois alors qu'ex-rebelles et armée malienne s'affrontent à la frontière algérienne -
En panne
Pourquoi les Français n’ont plus envie d’investir dans l’immobilier
L’immobilier était le placement roi, celui que l’on faisait pour préparer sa retraite, celui qui permettait aux classes moyennes de se constituer un patrimoine. Il est tombé de son piédestal. La faute à la conjoncture, à la hausse des taux, à la chute des transactions et à la baisse des prix, mais aussi par choix politique : le placement immobilier a été cloué au pilori par Emmanuel Macron via une fiscalité pesante et une avalanche de normes et d’interdictions