
L’AMF veut faire le ménage dans les sites de trading spéculatif
L’AMF ne désarme pas face aux escroqueries du trading spéculatif en ligne visant les particuliers. Après avoir lancé à l’automne une campagne d’information sur les risques liés au marché des changes (forex) et aux options binaires, le gendarme boursier a présenté ce mercredi les résultats accablants d’une campagne de visites mystère sur les pratiques commerciales des sites peu scrupuleux.
Le régulateur, qui publie une liste noire des sites frauduleux non agréés en France, a ainsi arrêté une sélection de 29 sites. Doté de 400 euros environ, un prestataire externe devait ouvrir un compte, démarrer une activité puis retirer ses fonds, en respectant la consigne de procéder par virement sans communiquer ses coordonnées bancaires. Cette condition a réduit l’échantillon à 9 sites, dont 8 agréés par le superviseur chypriote et 1 non agréé en France.
Dans 5 cas sur 9, aucune pièce d’identité n’a été demandée, la négligence des sites ayant permis de spéculer sur 3 sites pendant 10 jours sans justificatif. L’AMF déplore aussi que «très peu de questions [soient] posées en phase de découverte du profil client», alors même que «le visiteur mystère s’est présenté comme un néophyte». Lors de «formations», les produits sont présentés comme «facile[s] à comprendre et à manier», et le client incité à «investir vite».
Le gendarme, qui note l’absence fréquente de confirmations d’ordre et des indicateurs de gains difficiles à comprendre, souligne enfin les difficultés pour récupérer sa mise. «De nombreux sites déconseillent le retrait des fonds et incitent à une nouvelle mise ou à communiquer les numéros de carte bancaire», relève l’AMF. Les fonds n’ont été recouvrés que dans 2 cas sur 9.
Alors que le nombre de réclamations reçues par Epargne Info Service a bondi de 64 à 1.293 entre 2011 et 2014, le gendarme est parvenu à faire fermer 3 sites frauduleux l’an dernier avec le concours de la justice. L’AMF collabore aussi avec d’autres autorités compétentes françaises, ainsi que les autres régulateurs européens au sein de l’Esma. Afin de juguler le phénomène, l’AMF a en outre récemment proposé une réforme à Bercy afin de limiter la publicité de certains produits financiers. Une fois la base juridique arrêtée, le dispositif serait alors précisé par le règlement général de l’AMF.
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