Après un an d’existence, la loi Macron semble avoir des retombées positives sur le développement de l'épargne salariale, selon le 6ème baromètre annuel du Club de l’Epargne salariale (1). Salariés et dirigeants sont très proches dans leur perception «gagnant-gagnant» des mesures en faveur de l'épargne salariale adoptées dans le cadre de cette loi, même si tous reconnaissent un déficit de connaissance réelle des nouvelles mesures. En moyenne, 70% des salariés et 48% des dirigeants d’entreprises de moins de 50 salariés déclarent dans ce baromètre que les mesures adoptées en faveur des PME les incitent à développer l'épargne salariale. Preuve tangible de l’effet Macron, sur le segment des PME, Natixis Interépargne, un des principaux acteurs de l'épargne salariale en France avec une part de marché de 28%, a observé une progression de 20% sur un an à fin septembre 2016 des contrats d'épargne salariale, a indiqué Frédéric Lenoir, son directeur marketing, communication et innovation. Mais l’appréciation des chefs d’entreprises varie sensiblement selon qu’ils proposent ou non un dispositif d'épargne salariale à leurs salariés. Pour huit dirigeants sur dix déjà engagés, les mesures de la loi Macron ont un effet positif sur leur intention de développer l'épargne salariale dans leur entreprise. En revanche, seulement un tiers des dirigeants non engagés jugent ces mesures incitatives pour la mise en place d’un dispositif d'épargne salariale.Plus généralement, l'épargne salariale dans les PME est en progression. Si elle rencontre l’adhésion des salariés, elle suscite toutefois encore des réticences chez les dirigeants. Ainsi 20% seulement des salariés des PME bénéficient d’un dispositif d'épargne salariale au sein de leur entreprise, essentiellement dans l’industrie, mais 88% d’entre eux se déclarent satisfaits. Du côté des chefs d’entreprise, si 29% d’entre eux proposent ce type de dispositif à leurs salariés, 91% de ceux qui le proposent en sont satisfaits et 24% de ceux qui n’en proposent pas envisagent de le faire à cour terme, prioritairement sous la forme d’un PEE/PEI (33%).Le baromètre relève un «effet vertueux» de l'épargne salariale. Les salariés qui bénéficient de ce type de dispositif épargnent davantage pour la retraite. Alors que 4 salariés sur dix qui ne bénéficient pas d'épargne salariale n'épargnent pas pour leur retraite, la proportion tombe à un salarié sur dix pour ceux qui bénéficient d’un dispositif.Si une majorité de dirigeants s’accordent à reconnaître les avantages de l'épargne salariale et son impact positif pour l’image de l’entreprise, 7 sur dix souhaitent qu’il n’y ait pas d’obligation à la généraliser. Ils estiment aussi qu’il subsiste un certain nombre d’obstacles à son développement. Ils sont 40% à souligner l’insuffisance de leur capacité financière, 26% la nécessité de nouvelles incitations fiscales, et 24% d’entre eux ressentent le besoin d’une information plus lisible sur les dispositifs d'épargne salariale.Les résultats de cette enquête sont qualifiés d’"encourageants» par Henri Alline, président du Club de l’Épargne salariale, mais ils mettent également en exergue «un besoin d’information criant» sur toutes ces problématiques. «Enfin, ajoute Henri Alline, espérons que la cacophonie gouvernementale sur la fiscalité des actions gratuites ne décourage pas les chefs d’entreprise qui demandent pour s’engager de la stabilité juridique et fiscale et non des situations ubuesques telles que nous en connaissons régulièrement».(1) L'étude a été réalisée par Harris Interactive, du 1er au 9 septembre, sur la base d’une enquête téléphonique menée auprès de 150 chefs d’entreprises proposant ou non un dispositif d'épargne salariale et d’une enquête en ligne, conduite auprès d’un échantillon de 400 salariés de PME (de 1 à 49 salariés) bénéficiant ou non d’un dispositif d'épargne salariale