Après une année 2016 marquée par nombre de surprises politiques, entre vote sur le Brexit, élections de Donald Trump et référendum italien, l’exercice des prévisions est plus que compliqué pour 2017, une autre année d'élections (législatives aux Pays-Bas le 15 mars, présidentielle en France les 23 avril et 7 mai puis élections législatives en France et en Allemagne, et aussi activation d’ici fin mars de l’article 50 du Traité de Lisbonne par le Royaume-Uni) . Mais comme chaque année, les gérants s’essayent aux prévisions. Sans vouloir être exhaustif, Newsmanagers vous délivre les principaux extraits de quelques analyses de grands gérants sur l’année à venir et leurs conséquences sur les stratégies. Natixis Asset Management :- Ibrahima Kobar, co-directeur des gestions en charge des taux « L’Europe restera au cœur des préoccupations avec le Brexit et les élections françaises. La divergence des politiques monétaires pourra également créer des tensions sur les marchés obligataires. Enfin, la discipline des membres de l’OPEP face au rebond annoncé de la production américaine de pétrole sera mise à l’épreuve. La forte pente des courbes de taux protègera l’investisseur sur les marchés de taux mais il convient de s’attendre à une plus forte volatilité en 2017. La diversification sera clé ». Dans ce contexte, Natixis Asset Management s’attend néanmoins à des performances neutres à positives sur les différents indices obligataires. « Du côté du crédit, nous privilégions d’abord les produits où la sensibilité au risque de taux est quasi nulle comme les ABS ou les loans, puis les produits à duration courte, le High Yield en général pour sa capacité à être négativement correlé avec le niveau d’intérêt, et enfin, les obligations convertibles ». - Yves Maillot, directeur des actions européennes : -« " (En Europe), il nous semble opportun d’accompagner à court terme le mouvement vers les (actions) bancaires mais il sera nécessaire d’envisager un retour vers les défensives pour la seconde partie de 2017 car la reprise de croissance sera plus limitée en Europe. Les pétrolières retiennent aussi notre attention grâce à la combinaison d’un cours du brut stabilisé, d’une chute des dépenses d’exploration et de hausse des free cash-flows. Enfin, l’augmentation de l’écart de croissance des profits des petites capitalisations par rapport aux grandes rend ce segment toujours attractif ». Columbia Threadneedle : Mark Burgess, directeur des investissements EMOA et directeur mondial des actions : " Nous continuons de trouver les actions plus attrayantes que les obligations et comptons conserver ce positionnement au sein de nos portefeuilles d’allocation d’actifs, avec moins de conviction que nous n’en avions depuis quelque temps. Par rapport à leur historique à plus long terme, les actions offrent toujours davantage de valeur que les obligations – une situation qui pourrait cependant évoluer si la « bulle obligataire » venait à éclater en 2017. Nous sommes enclins à davantage d’optimisme vis-à-vis des matières premières pour l’année à venir. L’assouplissement quantitatif a envoyé un signal trompeur aux producteurs, les incitant à continuer d’investir, ce qui a conduit aux niveaux de prix actuels qui reflètent la correction excessive ayant été nécessaire pour forcer les producteurs à fermer les mines et les gisements de pétrole, des mesures qui, à leur tour, stimuleront la demande. Dans l’ensemble, l’incertitude politique persistante pourrait accroître la volatilité des marchés actions mondiaux et dégrader les fondamentaux sous-jacents. Les investisseurs actifs devraient donc trouver là l’opportunité de mettre en valeur leur savoir-faire. AXA Investment Managers : Laurence Boone, responsable de la recherche " 2016 marque la fin des craintes de taux toujours plus bas, pour basculer vers l’espérance d’une remontée progressive des taux, même si sûrement loin de leurs niveaux d’avant crise. La stagnation séculaire (un environnement marqué pour longtemps par des taux bas et une croissance faible) est un concept dépassé et je pense que la normalisation de la croissance et de l’inflation seront de retour en 2017."" (…) Nous estimons que les taux longs américains devraient revenir à 3,4% dans les cinq prochaines années. Ceci est loin des niveaux actuels, induisant une normalisation sur plusieurs années qui devrait radicalement affecter les allocations d’actifs. Nous ne faisons pas que quitter un monde où les taux d’intérêt et l’inflation sont bas, nous entrons maintenant dans un monde où les taux vont converger vers des niveaux plus élevés et l’inflation se rapprocher des objectifs des banques centrales. Toutefois, il est peu probable que nous assistions à un retour aux niveaux observés au cours des années 90 et 2000". Allianz Global Investors : Neil Dwane, stratégiste mondial : " Nous ne nous attendons pas à un réel changement de régime entre 2016 et 2017. Du fait de la faiblesse des performances des marchés financiers, les investisseurs se refusant à une exposition suffisante aux risques pourraient se retrouver laissés pour compte avec des rendements insuffisants». «Une nouvelle inflexion dans le cycle économique se profile» " Les performances globales du marché (bêta) pourraient bien encore reculer pour de nombreuses classes d’actifs : sans le soutien de la croissance des bénéfices qu’attendent les marchés, les rendements obligataires ne peuvent tomber plus bas et les actions ne peuvent plus progresser "" En s’exposant quelque peu au risque de crédit et de duration, et dans le cadre de stratégies ciblant les dividendes, les investisseurs peuvent espérer préserver le pouvoir d’achat futur de leur épargne face au risque d’inflation, qui augmentera progressivement le coût de la santé, de l’éducation et de la vie"" Dans des marchés volatils, les investisseurs doivent revoir leurs objectifs de croissance du capital (accessible via des actifs réels comme les valeurs de croissance et l’immobilier) à la lumière de leurs besoins en revenus, qui peuvent être générés via des instruments obligataires ou des actifs de duration courte en Asie, aux États-Unis et au sein des marchés émergents. Ils peuvent ensuite déployer de manière pertinente des stratégies actives en vue de générer des performances supérieures au marché (alpha). Une importante diversification dans des investissements alternatifs peut contribuer à réaliser cet objectif.»