Le private equity s’est engagé presque à 100% sur les questions ESG. En effet, 96% des acteurs du private equity se sont déjà dotés d’une politique d’investissement responsable ou prévoient de le faire dans un avenir proche, contre 90% en 2013, selon l'étude mondiale de PwC sur les enjeux du développement durable dans le secteur du capital investissement, menée auprès de 111 sociétés de gestion dans 22 pays. Quatre investisseurs sur dix affirment qu’une mauvaise performance ESG les a déjà conduit à exiger une baisse significative du montant de la transaction, voire à y renoncer.La France, qui compte 28% de répondants, se positionne comme le premier pays représenté à l'échelle mondiale parmi les 111 interrogés par PwC. Selon l'étude, l’ESG est devenu en France un sujet mature, totalement intégré aux processus d’investissements et dont le lien avec la valeur et la performance est peu mis en doute. Parmi les 22 pays couverts par l'étude, la France, devant le Royaume-Uni, également très actif dans le private equity, se distingue donc à la fois par le dynamisme de ses sociétés de gestion et par leur capacité d’innovation sur les questions ESG. C’est notamment en France que des initiatives significatives en matière de valorisation financière des politiques ESG ont été mises en oeuvre en 2016. L'étude relève que 20% des acteurs ayant répondu ont ainsi réalisé de telles analyses en 2016, ce qui est trois fois plus qu’en 2013."Le privagte equity français est extrêmement dynamique sur les questions ESG. Poussé d’abord par les grands investisseurs institutionnels et par une réglementation historiquement avancée en Europe, les sociétés de gestion ont, plus rapidement qu’ailleurs, compris l’intérêt de ces démarches dans la sécurisation, puis la performance des sociétés dans lesquelles elles investissent. Aujourd’hui, en France, ne pas avoir d’analyste ESG sur une participation, c’est prendre des risques en vue de la future cession», estime Emilie Bobin, directeur au sein du département Développement Durable de PwC."En quelques années, poursuit Emilie Bobin, le sujet ESG est devenu un des éléments naturels de la valorisation des participations. De moins en moins de transactions s’en affranchissent et l'étude confirme que l’ESG est désormais de plus en plus intégrée dans les politiques d’investissement et dans les stratégies de développement des participations. Nous sommes passés d’environ une due diligence ESG par mois en 2013 à près de 5 en 2016, ce qui traduit concrètement le dynamisme du secteur en France sur le sujet».Quatre investisseurs sur dix seraient prêts à payer plus cher pour une entreprise affichant une bonne performance ESG. A ce jour, 14% déclarent avoir déjà touché une prime à la performance ESG lors de la cession. Bien que ce pourcentage ne soit pas encore significatif, il traduit une claire avancée par rapport à 2013, date de la précédente étude, et confirme la tendance réelle prise en compte du sujet ESG dans la valorisation des participations. En effet, d’ores et déjà 38% d’entre eux sont prêts à inclure les facteurs ESG dans leur stratégie de sortie.Alors que la même réalisée en 2013 révélait que la réglementation et la pression des investisseurs étaient les premières motivations des sociétés de gestion pour intégrer les questions ESG, la nouvelle étude traduit un vrai changement de dimension montrant clairement que désormais le sujet est perçu comme un facteur essentiel de business contribuant à l’amélioration de la gestion des risques et à la performance opérationnelle des participations. Les sociétés de private equity ont ainsi ancré la gestion ESG au cœur de leurs politiques d’investissement et 60% d’entre elles affirment aujourd’hui réaliser une revue systématique des risques ESG associés aux entreprises. 77% soulignent le caractère obligatoire de l’analyse de ces enjeux lors de l’acquisition. Enfin, elles sont 58% à intégrer les enjeux ESG au cœur du plan de transformation immédiat, entre 100 et 180 jours, de l’entreprise nouvellement acquise.