Au lendemain de la victoire largement anticipée du modéré Emmanuel Macron aux élections présidentielles françaises, les marchés se sont caractérisés par une prise de bénéfice de la part des investisseurs. Le CAC 40 a terminé sur un recul de 0,91% à 5.382,95 après avoir touché à l’ouverture un sommet de neuf ans. L’Euro Stoxx 50 a reculé de 0,46%. Entre les deux tours, le CAC 40 avait gagné 7,5%, tiré par les valeurs bancaires. NewsManagers vous livre quelques commentaires de gérants qui pariaient ou tout du moins espéraient hier un retour des critères fondamentaux à court terme, le risque politique en Europe s'étant éloigné. - Generali Investments"La victoire d’Emmanuel Macron était largement anticipée, les marchés ont réagi dans une ambiance «vendre la nouvelle» (hier). Sur le plan politique, l’accent est désormais mis sur les élections législatives françaises (du 11 au 18 juin), dont le résultat est encore incertain, bien que la victoire plus importante que prévu soit indubitablement positive pour le président élu et son parti. Avec le risque d’un Frexit maintenant exclu (au moins pour les cinq prochaines années), la prime de risque politique sur la zone euro a également diminué, ce qui va favoriser le sentiment du marché»."Nous prévoyons que les investisseurs vont désormais se concentrer sur les résultats et les prévisions des entreprises, et nous anticipons d’autres améliorations en cours en termes de perspectives de bénéfices et de dynamique macro en Europe"- Martin Currie (actions européennes long/short, groupe Legg Mason) « La victoire décisive d’Emmanuel Macron sera un soulagement pour Bruxelles et les technocrates. Mais d’importantes étapes restent à franchir avant qu’il puisse démarrer son programme de dérèglementation et de protection sociale. »« Les marchés ont eu une réaction de soulagement, car ce résultat repousse de 5 ans les menaces que constituaient l’extrême-gauche comme l’extrême-droite pour l’économie française et européenne. »« Cette élection a masqué l’accélération de la dynamique économique européenne. Les résultats des entreprises ont augmenté plus rapidement qu’attendu, tandis que l’optimisme comme le niveau d’emploi continuent de s’améliorer. La banque centrale européenne reste dans l’expectative, consciente que l’inflation actuelle est tirée par les coûts et non par la demande. »« Dans ce contexte, en tant qu’investisseurs, nous nous sommes détournés des valeurs exportatrices qui ont mené la reprise, pour privilégier les valeurs cycliques. En général, quand les données économiques sont aussi bonnes en Europe, la reprise finit toutefois par dérailler. »- M&G» D’un point de vue de l’investissement, se concentrer sur les faits reste la clé, bien sûr. La toile de fond économique en France s’est considérablement améliorée au cours des dernières années, comme c’est le cas dans toute la région de la zone euro. Cela s’est avéré non seulement dans l’augmentation de la croissance et la baisse des taux de chômage, mais aussi, plus récemment, dans des surprises positives importantes concernant les attentes du marché en matière de bénéfices et de chiffre d’affaires des entreprises depuis le début de l’année 2017. Cela suggère que les actions de la zone euro, actuellement attractives, pourraient offrir des rendements sur investissements substantiels dans la période à venir. La rupture de l’histoire liée à une «fragmentation de l’euro» devrait encourager les investisseurs à se concentrer davantage sur l’amélioration des données fondamentales dans toute la région. Du côté du fixed income, la dette des pays souverains périphériques comme le Portugal devrait bénéficier d’une diminution de la peur de l’instabilité politique ".- AmundiLes premiers sondages indiquent que le parti d’Emmanuel. Macron sortirait grand vainqueur des élections législatives, pouvant même atteindre la majorité absolue; Avec Emmanuel Macron Président, la France se dirigerait donc vers une majorité parlementaire ou, au pire, vers une coalition de gouvernement, qui ne devrait pas être difficile à constituer; L’incertitude est levée et on peut désormais se concentrer sur les fondamentaux, en nette amélioration depuis quelques trimestres. Le risque spécifique sur la France disparaît, ainsi que le risque systémique européen (Frexit); Nous restons surpondérés en actions européennes et françaises (vs. Etats-Unis notamment), et en obligations d’entreprises européennes (vs. obligations souveraines)