Malgré la correction des marchés actions, les fonds d’investissement commercialisés sur le marché allemand ont enregistré une collecte nette de 119milliards d’euros en 2018, soit à peu près auniveau affiché les années précédentes (à l’exception des années record 2015 et 2017), selon des statistiques communiquées par l’association allemande des professionnels de la gestion (BVI). Les actifs sous gestion ont certes reflué en dessous de la barre des 3.000 milliards d’euros, à 2.954 milliards d’euros, mais se maintiennent malgré tout à un niveau très élevé. Les fonds dédiés aux investisseurs institutionnels se taillent la part du lion avec un encours de 1.619milliards d’euros contre 1.594 milliards l’année précédente alors que les fonds retail affichent des actifs sous gestion en recul à 974 milliards d’euros contre 1.022 milliards d’euros un an plus tôt. Les fonds institutionnels ont enregistré une collecte nette de 94,7 milliards d’euros alors que les fonds retail ontmarquéun très bon premier trimestre (12,4 milliards d’euros d’entrées nettes) pour ensuite marquer le pas sous l’impact des turbulences des marchésmais affichent tout de même une collecte nettede 21,8 milliards d’euros sur l’ensemble de l’année. Dans la partie retail, les fonds diversifiés ont attiré 21,6 milliards d’euros, les fonds immobiliers 6,4 milliards d’euros et les fonds actions seulement 0,7 milliard d’euros, avec une contribution des ETF actions de 1,3 milliard d’euros. Les fonds obligataires ont subi des rachats nets de 5,7 milliards d’euros en 2018 après des entrées nettes d’environ 21 milliards d’euros en 2017. Dans un communiqué séparé, l’association allemande met Bruxelles au défi de traduire dans les faits lameilleure régulation qu’elle appelle de ses voeux. Depuis 2016, le nombre de directives et règlements est passé de 39 à 72. Les mesures d’application de ces dispositions sont passées dans le même temps de 305 à 537 et les différentes recommandations de 232 à 455. «Au cours des prochaines années, les gestionnaires européens envisagent de concentrer leurs ressources sur l’amélioration de leur compétitivité internationale. Toutefois, la mise en oeuvre des réglementations européennes mobilise encore d'énormes capacités qui ne sont plus disponibles pour d’autres objectifs», déplore Thomas Richter, directeur général de la BVI, cité dans un communiqué. «Nous souhaiterions rappeler à l’Union européenne son objectif affiché d’une meilleure régulation. Avant de tricoter de nouvelles règles, ils devraient étudier l’impact général des règles existantes et soit les améliorer ou les simplifier dans les proportions nécessaires», poursuit Thomas Richter. De son point de vue, MiFID II est l’exemple type d’une directive qui devrait être améliorée. Ce texte qui est supposé protéger les consommateurs propose des niveaux excessifs d’informations sur les produits mais un déficit de conseil. Sur le dossier du développement durable, l’association relève que 64% des sociétés de gestion prévoient une demande forte ou très forte de la part des investisseurs institutionnels pour des investissements ESG en 2019. Dans ce contexte, la BVI salue l’initiative de la Commission européenne en faveur de la finance durable mais évoque quelques améliorations possibles comme le système de classification des investissements ESG, qui comprend les activités «vertes» mais qui pourrait aussi intégrer des «nuances de vert» pour faciliter la transition des entreprises dans ce nouvel univers. L’association estime par ailleurs que les gouvernements, au même que les entreprises, devrait être contraintes de publier un rapport de développement durable.