DÉTÉRIORATION Les perspectives d’investissement des entreprises sont loin d’être au beau fixe. C’est le constat de la sixième enquête annuelle réalisée par S&P Global Ratings. « Le mini-boum d’investissement reparti en 2017 diminue rapidement », notent ses analystes. Après une croissance de 6 % en 2017, elle n’a été que de 2 % l’an dernier et ne devrait pas dépasser 3 % cette année avant de baisser de 1 % en 2020 et 2021. Cette vue globale cache d’importantes disparités régionales. L’Europe et le Japon devraient voir leurs capex progresser de 4 % et 7 % respectivement cette année. En revanche, si les capex devraient augmenter de 2 % en Amérique du Nord, la perte de momentum est importante après une croissance de 9 % en 2018, tandis que la région Asie-Pacifique hors Japon devrait voir les dépenses d’investissement des entreprises diminuer de 1 %. Or, ces deux régions comptent pour 64 % dans l’enquête de S&P. Cette dernière montre une nette détérioration des perspectives ces derniers trimestres, une croissance moins forte des dépenses d’investissement, qui ne devrait donc pas soutenir le cycle économique actuel. Le secteur technologique, entreprises de semi-conducteurs en tête, et celui de l’énergie contribuent le plus à cette baisse. Mais pour S&P, il est difficile d’y voir une relation directe avec les tensions commerciales. « Les dépenses d’investissement ont été une éternelle déception dans le cycle actuel et ce, malgré le soutien des politiques monétaires, la baisse des taxes pour les entreprises et des bilans remplis de ‘cash’ », souligne S&P. Si la digitalisation et les préoccupations environnementales pèsent aussi sur le cycle des capex, les dépenses d’investissement ont été concurrencées par les investissements en R&D et les acquisitions mais aussi l’utilisation des cash flows pour la rémunération des actionnaires. La part des cash flows utilisés pour les capex est au plus bas depuis 2007, à 46 %.