AU JOUR LE JOUR Les tensions sur le marché monétaire américain ont rappelé de mauvais souvenirs aux investisseurs. Le bond du taux repo à un jour à 10 % en séance mardi 17 septembre, alors qu’il évoluait à 2 % la veille, a contraint la Fed de New York à injecter jusqu’à 75 milliards de dollars quotidiennement via ses opérations d’open market. « Cet apport de liquidités a permis au taux ´repo´ de revenir proche de 1,75 % le 20 septembre », notent les économistes d’Edmond de Rothschild. Plusieurs raisons ont été avancées pour expliquer cette brusque tension. D’abord des facteurs techniques qui ont asséché la liquidité du marché : arrivée d’échéances fiscales pour les entreprises, paiement des intérêts sur les titres du Trésor, et adjudications de Treasuries. « La détention de Treasuries par les ‘primary dealers’ a explosé. Le volume de titres conservé montre que le marché est de moins en moins enclin à absorber cette offre. Les banques doivent financer ces positions, ce qui contribue là aussi à assécher le marché monétaire », note Stéphane Déo, stratégiste chez LBPAM. Certains ont attribué ces tensions à d’éventuelles difficultés rencontrées par des hedge funds qui pariaient sur une baisse du pétrole et auraient été obligés d’honorer de gros appels de marge. Les économistes d’Edmond de Rothschild voient avant tout un lien entre ces tensions et la réduction du bilan de la Fed. Cela peut signaler que les réserves excédentaires des banques sont devenues trop faibles. « Cette contraction des réserves s’est poursuivie depuis que la Fed a stabilisé, en août 2019, la taille de son bilan », souligne la banque suisse, pour laquelle la Fed pourrait accroître à nouveau son bilan. Cette dernière va maintenir les injections de liquidités jusqu’au 10 octobre, notamment pour stabiliser le marché qui se tend toujours en fin de trimestre avec l’arrivée à échéances de contrats futurs. Si les difficultés persistent, Stéphane Déo imagine deux options : mettre en place une facilité de prêt marginal, comme le fait la BCE, ce qui agirait comme un plafond des taux monétaires ou relancer le QE, en somme augmenter la taille du bilan.