Mirova, la société de gestion dédiée à l’investissement responsable de Natixis Investment Managers, a lancé un fonds actions thématique dédié à l’investissement dans des entreprises favorisant l’égalité entre les femmes et les hommes et la représentation des femmes au sein des instances dirigeantes des entreprises, le Mirova Women Leaders Equity Fund. Pour identifier les entreprises engagées en faveur de la diversité, Mirova s’appuie sur plusieurs critères quantitatifs. Ainsi, les entreprises éligibles devront avoir 30 % de femmes au sein du comité exécutif, alors que cette part n’est que de 13 % pour le MSCI monde, a expliqué Soliane Varlet, la gérante du fonds, au cours d’une conférence de présentation du fonds. La gérante retient aussi les sociétés ayant une femme CEO et/ou une femme COO. «Nous comparons enfin la part de femmes dans les effectifs globaux et celle des femmes au sein du comité exécutif. Si l’écart entre les deux est inférieur à 15 points, l’entreprise rentre dans l’univers. Par exemple,Adobe a 30 % de femmes dans ses effectifs, ce qui est peu, mais 23 % dans le top management, ce qui fait qu’elle entre dans l’univers», détaille-t-elle. Ensuite, une étude plus qualitative est réalisée, pour vérifier s’il y a des femmes à des postes clés (comme responsable de la recherche et du développement dans une société pharmaceutique par exemple), si des politiques spécifiques sont mises en places telles que le sponsorhip ou les congés parentaux pour les hommes... Ces analyses permettent d’obtenir 240 valeurs à l’échelle mondiale, «ce qui est faible», reconnaît Soliane Varlet. D’ailleurs, l’idée de faire un fonds purement européen a été assez vite écartée car l’univers était beaucoup trop restreint. Malgré l’étroitesse de l’univers, «nous avons une répartition sectorielle et géographique diversifiée», souligne la gérante. Toutefois, on observe quelques biais. D’un point de vue sectoriel, il y a une surpondération de la technologie, ce qui a constitué une surprise pour Mirova.«Beaucoup de tech ont des CFO femmes, même si elles ont peu de femmes dans les effectifs», explique Soliane Varlet. Concernant la géographie, «le seul biais est que nous sommes sous-pondérés sur l’Asie, car peu de sociétés japonaises remplissent les critères», note-t-elle. Sur cet univers thématique, Mirova applique son analyse financière classique. Au final, la gérante aboutit à un portefeuille de 50 valeurs, avec un turnover assez faible de 4 à 5 entreprises qui entrent ou sortent chaque année. «Notre utilisons des critères mesurables et objectifs», souligne Mathilde Dufour, responsable recherche en investissement responsable de Mirova. «Et nous aurons une politique d’engagement dédiée pour toutes les entreprises dans lesquelles nous investirons», ajoute-t-elle. Pour compléter le dispositif, Mirova a mis en place un partenariat avec le Comité ONU Femmes France. La société s’engage à reverser une partie des frais de gestion du fonds au Comité ONU Femmes France, pour financer les actions d’ONU Femmes en faveur de l’autonomisation des femmes. Ainsi, Mirova contribuera à la réalisation de l’Objectif de Développement Durable n°5 défini par l’ONU : parvenir à l’égalité des sexes et rendre autonomes toutes les femmes et les filles.